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‘Suis-le gardien de mon frère ?’ répondit Caïn à Dieu qui lui demandait où celui-ci était. Etre responsable de l’autre, de sa vie, du ‘lieu’ où il se trouve, voilà quelque chose que nous n’aimons pas ou plus entendre ! L’innombrable multiplicité de nos familles d’églises pourrait nous amener à croire que nous ne sommes finalement pas responsable les uns des autres. Il faut dire également que les différents sens de l’adjectif en question nous échappent de plus en plus :
- Qui doit s'occuper de quelqu'un et, le cas échéant, répondre de ses actes. "Les parents sont responsables de leurs enfants de moins de 18 ans."
- Qui est coupable de quelque chose et doit réparer les dommages causés. "Cet automobiliste qui a brûlé le feu rouge sera tenu responsable de l'accident."
- Qui est conscient des conséquences de ses actes. "C'est une adolescente responsable : on peut lui faire confiance.
Les sens du soin à l’autre, tout comme la conscience de sa propre conduite et des conséquences de ses actes, disparaissent de la compréhension commune du terme, au profit de la seule notion de culpabilité : ‘Je ne suis pas responsable’ signifie alors ‘je ne suis pas coupable’ et désigne très clairement la mise en œuvre de la liberté individuelle comme principe inaliénable et fondement de ce qui nous réunit. C’est le cas dans la société séculière et de plus en plus dans nos communautés.
Au nom de notre sacro-sainte liberté individuelle, nous ‘oublions’ alors de mettre en pratique des textes comme :
- Mat. 18 :15 : « Si ton frère a péché, va et reprends-le entre toi et lui seul. S'il t'écoute, tu as gagné ton frère. »
- 1 Cor. 12 : 26-27 « Et si un membre souffre, tous les membres souffrent avec lui; si un membre est honoré, tous les membres se réjouissent avec lui. Vous êtes le corps de Christ, et vous êtes ses membres, chacun pour sa part. »
A moins que, à l’instar de Caïn, ce soit d’une façon plus prosaïque, parce que nous refusons de regarder notre vérité en face !
Parce que veiller sur l’autre, sur notre frère, notre sœur, exige de se regarder soi-même sans complaisance. Caïn n’a pas ‘tué’ son frère à cause de la préférence que Dieu lui démontrait en acceptant son sacrifice, mais parce qu’il n’a pas voulu faire la vérité sur lui-même, rechercher la lumière sur sa souffrance intérieure. Cela l’a conduit à s’enfermer dans sa douleur et sa colère. Il en est devenu incapable d’aimer celui à qui il voulait s’adresser. Lorsqu’on ne ‘veille plus sur’ le frère, mais que l’on se met à le ‘sur-veiller’, la mort est au bout du chemin !
C’est par amour, par désir de plus de vie, qu’on va dire à son frère, à sa sœur, la vérité ou que l’on va chercher à comprendre pourquoi il se comporte ainsi. Et seule une vérité dite avec amour est recevable. Sinon c’est un jugement qui enferme.
Prions donc pour que l’Esprit Saint nous aide à trouver les mots justes dans nos relations fraternelles ou à accueillir les mots que les autres ont à nous dire. Prions pour que l’Esprit de Lumière nous donne le courage de venir à la lumière, et de la transmettre à notre tour.