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Fil Ariane

« Je t’aimais, je t’aime et je t’aimerai » chante Francis Cabrel et avec ce refrain répété de sa voix si particulière, il nous envoute à tel point que l’on se surprend à y croire, à avoir envie d’y croire, malgré les rumeurs d’infidélité, de séparation que les tabloïds rapportent régulièrement au sujet de son couple. Quelque chose s’éveille et s’émeut au plus profond de nous-mêmes à cette idée de vivre un amour éternel, fidèle, inconditionnel et tous, nous souhaitons et espérons connaitre ce bonheur.


Les textes bibliques répètent un message en apparence similaire à qui veut bien l’entendre et s’en saisir à la fin d’un passage bien connu de la première épitre de Paul aux Corinthiens : « l’amour ne périt jamais» ! Les séparations, les infidélités, les crises conjugales et les divorces appartiendraient donc à l’univers des non-croyants, puisque nous, chrétiens enracinés dans la foi, l’espérance et l’amour, nous vivons ‘sur la terre comme au ciel’ des relations vivantes d’amours éternelles.


Honnêtement, je crois qu’il y a urgence à arrêter de se leurrer ! Dans nos églises, les couples vivent les mêmes crises que celles des non-croyants à l’extérieur des églises. Les mêmes difficultés à s’écouter, s’accorder, construire un projet commun. Il y a autant de luttes, de cris et malheureusement peut-être de coups, dans les couples qui rejoignent les rangs de nos cultes du dimanche matin que dans les couples de ceux qui restent au lit ! Mais ces difficultés, conflits et violences m’apparaissent plus douloureux encore que ceux qui sont vécus dans les cercles non-croyants, pour deux raisons : premièrement parce qu’ils sont tellement à l’opposé de ce que la bible nous invite à vivre et deuxièmement parce que cette incohérence première pousse les couples à le cacher jusqu’à ce qu’il soit trop tard !


Oui, je sais, c’est choquant… Surtout de la part d’un pasteur ! Mais n’avons-nous pas l’obligation de ‘prendre soin du troupeau’ ? Et j’ose ici poser cette question : Comment prendre soin des blessures du troupeau si l’on ne regarde pas les plaies en face ?


L’apôtre Paul ne se leurrait pas, lui. Après ces versets si beaux sur l’amour, tellement beaux que d’une manière ou d’une autre, ils sont cités à presque toutes nos cérémonies de bénédiction de mariage, Paul introduit dans son discours une notion supplémentaire, celle de la connaissance avant d’arriver à une invitation dérangeante : celle de la maturité, du travail sur soi : 1 Cor 13 : 11 « Quand j'étais un enfant, je parlais comme un enfant, je pensais comme un enfant, je raisonnais comme un enfant. Quand je suis devenu un homme, j'ai mis fin à ce qui était de l'enfant. »


Voici donc ce que tous nous devrions savoir avant même que de commencer à envisager de construire un couple : Notre manière d’aimer l’autre, les autres, nos conjoints, nos enfants, nos frères et sœurs dans l’église, dépend de la manière dont nous avons appris à ‘connaitre’. Or, nous connaissons ‘en partie’ dit Paul, (1 Cor 13 : 9) à propos de notre connaissance des choses de Dieu. Mais il en va de même à propos de notre ‘connaissance humaine’.

1900 ans avant la naissance de l’’épistémologie (Science qui s’occupe de l'étude de la connaissance ou la façon dont nous parvenons à la connaissance, le terme apparait en 1906), l’apôtre Paul nous invite à grandir dans notre compréhension des mécanismes inconscients qui façonnent nos relations, notre capacité à aimer. Inconscients parce qu’acquis dans l’enfance.


Si nous ne mettons pas cette invitation en pratique d’une façon sérieuse, réfléchie, persévérante, nous courons le risque de construire des couples fragiles parce que basés sur un amour et une connaissance infantiles tous les deux. Ils seront alors d’autant plus fragiles que la foi en un Dieu d’amour qui donne les ressources nécessaires à ceux qui les lui demandent ne suffit pas ! Oui, je sais, c'est  choquant... Surtout de la part d'un pasteur! 

Mais si vraiment Dieu était 'tout suffisant' sur ce plan-là, nous n'aurions plus aucun problème ou conflit, nulle part!

Non, il faut grandir, et cela prend du temps… Il faut mettre fin à ce qui en nous est de l’ordre de l’enfant, et c’est douloureux…
Mais à ceux qui avancent courageusement sur ce chemin de croissance et d’émondage, le Christ promet la vie abondante…


Pour vous aider, l’église baptiste ‘le colombier’ organise une année de réflexions, partages, formations autour du thème ‘Le couple et la violence’… N'hésitez pas à vous inscrire à l'une ou l'autre journée. Renseignements plus complets, horaires, coûts etc... sur simple demande.