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Fil Ariane

« Car Dieu a tant aimé le monde qu'il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne périsse point, mais qu'il ait la vie éternelle. Dieu, en effet, n'a pas envoyé son Fils dans le monde pour qu'il juge le monde, mais pour que le monde soit sauvé par lui.» Jean 3 :16


Pendant de nombreuses années, j’ai lu et entendu ce verset comme la plus grande déclaration d‘amour de Dieu en ma faveur. On m’a appris au tout début de ma vie de foi, lorsque je découvrais les milieux protestants évangéliques, à remplacer les termes ‘monde’ et ‘quiconque’ par mon propre nom afin que la conscience de la grandeur de cet amour de Dieu s’enracine le plus profondément possible en moi ! Le résultat de cette ‘manœuvre’ a été plus que positif, j’en suis convaincue. Mon estime de moi-même, abimée par une relation conflictuelle et violente avec mon père pendant toute mon adolescence, en a été restaurée et ce fut une belle et grande chose dans ma vie.
Il m’a fallu de longues années pour dépasser ce conditionnement et prendre conscience qu’il y avait une différence entre mon petit moi et ‘le monde’… Que certes, Dieu m’aimait, moi, dans mon individualité et ma personnalité spécifique, mais que son amour dépassait largement le cadre de ma vie, de mes souffrances, de mes besoins.


Dieu aime le monde !


Oui, Dieu aime le monde ! C’est assez extraordinaire pour être répété : Dieu aime le monde ! Le cosmos, la création et les créatures que ce cosmos renferme, sont l’objet d’un amour assidu de la part de Dieu et c’est à cause de l’intensité de cet amour qu’il a envoyé son Fils.
Amour et envoi du Fils sont liés, selon ce verset très connu. Intrinsèquement liés, voire structurellement liés. Puis, le Christ affirme qu’il nous envoie dans le monde comme le Père l’a envoyé. Si donc nous sommes envoyés à notre tour, à la suite et comme dans un prolongement de l’envoi du Christ, le motif de notre envoi ne peut être différent du sien. C’est par amour et pour une nouvelle manifestation de l’amour du Père envers le monde que nous sommes envoyés. D’ailleurs n’est-ce pas à la manifestation visible de notre amour les uns pour les autres, que le monde reconnaitra que nous sommes les disciples du Christ et, gloire suprême, que le Christ a été envoyé de Dieu !
Comme par un jeu de cascade, l’amour de Dieu coule ainsi depuis le cœur du Père jusqu’à l’âme assoiffée de celui ou celle qui cherche un sens à sa vie ou à ce qu’il vit, en passant par le cœur et la vie donnée du Christ puis par mon propre cœur et ma propre vie donnée, puis il revient à lui, au travers de la louange et l’action de grâce de celui qui se comprend aimé inconditionnellement.
Vision glorieuse d’un souffle vivifiant, libérant, restaurant, guérissant. Seule force capable de briser toutes les chaines, quelle que soit la taille de leurs anneaux, et tous les verrous, quel que soit la nature de leur alliage.

 

L' église aime le monde! 


Chaque église, chaque communauté de foi, cherchant à modeler sa vie sur l’appel qui lui est fait à marcher dans les pas du maître, ne peut ignorer que le cœur du Père est principalement et premièrement orienté vers le salut du monde…
D’où vient-il alors que nous soyons si frileux à y vivre pleinement, à y plonger totalement, dans ce monde tant aimé par Dieu le Père lui-même, par le Fils qui se dévêtant de sa divinité, endosse complètement notre humanité, par l’Esprit venant faire sa demeure au plus profond du cœur de chaque humain qui s’ouvre à sa présence ?

Quelle peur nous paralyse ?


Quelle partie du projet de Dieu pour le monde n’avons-nous pas comprise pour que nous essayions si souvent de former autour de nous une clôture sécurisante, protégeant ainsi nos cultes, nos réunions, nos assemblées de toute innovation lorsqu’elle est jugée trop ‘adaptée’ à la société dans laquelle nous vivons? Puisque c’est dans notre génération que nous avons à porter la lumière du Christ et son amour, et non dans celle d‘hier, portons-là !

Et portons-là de telle manière que cette génération-ci la comprenne.