blue-flower.jpg

Fil Ariane

« Nous n'avons qu'un seul Père, nous n'avons qu'un sauveur, qui pour nous s'est offert quand nous étions indignes et pêcheurs. Nous n'avons qu'un seul Roi, nous n'avons qu'une seule Foi. Au pied de la croix se brise, ce qui nous divise, nous sommes une seule église. » Antydot.
Telles sont les paroles d’un chant que j’ai entendu pour la première fois ce dimanche le 24 février. Ce jour-là, nous avions décidé de travailler en église sur la question de notre rapport à Dieu, et tout particulièrement sur les pratiques spirituelles dans nos cultes. C’était essentiel pour nous en tant que communauté parce que plusieurs d’entre nous n’avons pas les mêmes arrière-plans ecclésiastiques, les mêmes habitudes, les mêmes désirs. D’ailleurs, quelle communauté de foi aujourd’hui peut se targuer de n’être composée que d’indigènes spirituels ? Ps, un ‘indigène’ est une personne qui habite le pays dont elle est originaire ! Les déménagements pour raisons professionnelles, ou familiales, ou quoi que ce soit d’autre, ont rompu l’homogénéité de nos rangs. Comment y faire face ? L’une des réponses possible est d’imposer à tout nouvel arrivant la structure, les objectifs, les pratiques, en bref, la vision définie par les responsables. Il en est ainsi depuis des générations ! Chacun sait en entrant dans une communauté qu’il va avoir affaire à un culte réformé, ou évangélique traditionnel, ou encore pentecôtiste charismatique !
Mais comment faire lorsque dans une communauté donnée, certains disent être charismatiques, là ou d’autres mettent en avant leur passé réformé et d’autres encore valorisent leur héritage évangélique traditionnel ? La seule solution consiste alors à se voir comme ‘une seule église’ et à considérer ses pratiques - je dis bien ses pratiques, c'est-à-dire, ses pratiques à soi, non pas celles des autres- comme secondaires par rapport à l’œuvre, centrale, du Christ !
Secondaires, certes, mais pas inutiles, puisqu’elles disent quelque chose de nous et de Dieu lui-même. Mais quoi ? Réécouter ses propres traditions, découvrir leur enracinement dans l’histoire, leurs limites tout comme celle des autres traditions n’est pas une mince affaire. Il y faut une bonne dose d’humilité… C’est ce que nous avons commencé à faire ! Tous ensembles, nous avons pris du temps pour dire qui nous étions, là où nous étions d’accord d’aller et ce qui nous faisait peur ! Cette écoute réciproque a construit un consensus que nous allons expérimenter dans le temps…
Rien n’est gagné, mais tout se joue, jour après jour dans la rencontre et l’écoute des richesses dont chaque courant est porteur. La grâce de Dieu à notre égard n’est-elle pas infiniment variée, (‘multicolore’ - 1 Pierre 4 :10) alors même que nous ne sommes… qu’une seule église ?